Le Blog à Jacques

Une histoire de corneille

En juin 2010, à l'occasion de l'Inti Raymi, j'ai participé à un petit festival amérindien très intimiste. J'avais rencontré dans les rues de Lyon, quelques jours avant ça, un amérindien que j'avais déjà eu l'occasion de croiser. Il me tend un flyer à propos de ce festival qu'il organisait et m'invite à passer boire du Maté au local de son asso. Alors je suis passé le jeudi matin pour filer un petit coup de 

mains pour préparer ce festival qui allait se tenir au stade Vaugneray pendant quelques jours et là, je me rend compte qu'ils n'ont pas de sono... Alors que deux groupes venant du Venezuela arrivaient à l'aéroport dans l'après midi... Hatawuay faisait souvent confiance aux hasards de la vie pour régler les problèmes de logistique... J'avais à l'époque une sono capable de subvenir aux besoins de ce festival et des musiciens y participant.

Il y avait quelques stands avec de l'artisanat, un cartomancienne, un magnétiseur, le peintre et auteurs de livres Mario Mercier, une femme médecine du Canada, Dolores Contre-Migwans, enseignement de la Danse du Serpent et Roue Sacrée. Il y a eu donc deux groupes du Venezuela, deux chanteuses et un homme et un groupe de 5 musiciens, Taremurú, et aussi une chanteuse d'argentine, Barbara Luna... et une sono arrivée par miracle jusqu'au festival ! Le dimanche, sont venus aussi une famille de musiciens et danseurs équatoriens arrivant de Barcelone, mais eux avaient leur sono. À la fin, le chef de famille m'a adressé un signe de la main sans que l'on n'ait échangé de paroles. Il n'y eu, en tout et pour tout dans le festival, qu'une quarantaine de personnes, des amérindiens, des sud américains et des européens. J'ai dormi à la belle étoile.

J'avais remarqué pendant le festival une corneille qui allait parfois des uns aux autres et j'avais vu au début de ce festival, Hatawuay s'isolant et rentrant en méditation. Il y avait un peu de dissensions entre certaines personnes. Le lundi matin, je suis passé pour récupérer mon matériel. Les cantonniers récupéraient les chaises de la commune : le festival était fini. À un moment, je vais un peu à l’écart et je vois cette corneille qui était avec une colombienne, puis cette femme s'en va et la corneille reste là sur un petit muret ou un arbuste. Alors je me suis approché, j'ai tendu la main droite et la corneille a grimpé dessus. Elle a marché sur mon bras jusqu'à mon épaule et là, elle a mis son bec dans mon oreille, puis elle a mis deux petits coups de bec à l'intérieur de mes lunettes contre le verre droit. Ensuite, encore avec son bec, elle a été soulever, sur ma nuque, ma chaîne portant mon médaillon de baptême que je portais de nouveau, suite à des dissensions importantes avec une voisine qui pratiquait des incantations et quantité de choses étranges se produisaient autour de moi, dans l'immeuble où je louais un appart, immeuble en cours de désertification en prévision de futurs travaux d'aménagements que le Grand Lyon Habitat comptait effectuer. Puis cette corneille est allée sur mon épaule gauche, elle a tiré avec son bec mes cheveux à proximité de ma tempe et ensuite, elle est montée sur ma tête et puis s'est envolée : elle a dessiné un 8 dans les airs au devant de moi. Inutile de dire l'émotion qui m'a envahi... Je suis resté quelques minutes là et puis je suis retourné voir ceux qui étaient resté un peu plus loin. J'ai retrouvé là la corneille et la vidéo qui suit montre sa libération.

Quelques temps après, je suis donc allé à la cathédrale de Fourvière puisque le message était de suivre les signes qui m'accompagnent... Et là, il y avait deux amérindiens qui travaillaient à l'entretien pour la Fondation Fourvière en charge du patrimoine, de l’animation et du rayonnement du sanctuaire. L'un disait à l'autre « c'est étrange, ici d'habitude, il n'y a que des corbeaux... ». À quelques pas de lui était une corneille blessée. Je me suis approché et je lui ai dit que j'avais à faire avec cette corneille ! Ni une, ni deux, il a pris un carton, a mis la corneille à l'intérieur et me l'a donnée. Je suis reparti et j'ai emmené la corneille chez moi. Je lui ai donné un peu de mie de pain trempée dans de l'eau et puis elle est morte dans mes bras, sur mon épaule, tranquillement. Je lui ai chantée un chant avec les larmes qui montaient en moi comme à un enfant, comme quand l'oiseau que j'avais recueilli petit était mort dans la nuit. J'ai téléphoné à Atawuay qui m'a dit d'enterrer la corneille au pied d'un arbre. Je l'ai mise dans une boite à chaussures et suis allé l'enterrer près d'un arbre à deux rues de chez moi. Le lendemain, je me suis réveillé et regardant par la fenêtre, j'ai vu dans le ciel tout bleu,

aux environs de l'arbre, un tout petit nuage blanc et rond, avec un peu en avant de lui, un autre petit nuage ayant la forme d'un oiseau qui s'envole. Ces deux petits nuages se sont enfuis poussés par le vent en se dispersant dans le bleu azuré.

Il fallait bien que je m'aère un peu l'esprit avec le personnage le plus en vogue actuellement...

DONALD...

La parole

C'est symptomatique de notre temps : écoutez ce qu'il se passe, cette accélération de toutes choses, de la parole donnée... Écoutez la plupart des nouveaux comiques, beaucoup de journalistes, d'animateurs : ils parlent de plus en plus vite ! (avec aussi, mis à part peut-être les nouveaux comiques, de plus en plus d'anglicismes, d'abréviations et de siglaisons non traduites comme pour se parler entre soi et exclure hors d'intelligence une partie des auditeurs.) Parler vite est aussi une façon de modérer l'interpellation.

Parallèlement, beaucoup d'influenceurs télés et radios, surtout lorsqu'ils interrogent certains politiques, leur coupent la paroles, essayant de leur faire dire ce qu'ils aimeraient qu'ils disent, bref, essayant de les piéger. Agissant comme ceci, ils ont la responsabilité de l'exemple qu'ils donnent puisque l'imitation fait notre éducation. Quand j'étais enfant, on nous disait qu'interrompre quelqu'un était malpoli... Force est de constater que ce n'est plus le cas de nos jours... Chez les amérindiens, il y avait le bâton de paroles : nul ne pouvait interrompre quelqu'un portant le bâton de paroles jusqu'à ce qu'il le transmette à son voisin, car la parole de l'homme était sacrée. Il convient donc de retrouver cette sacralité...

Être artiste ou se revendiquer artiste, ou s'assumer artiste, c'est aussi avancer avec un bâton de paroles, aventurier d'un monde qui tourne en rond et croit qu'il progresse pourvu qu'il accélère... Alors peut-être que cette parole est peu audible dans tout ce bruit, mais elle a le mérite d'exister.

Affiche

Dans ma jeunesse, souvent dans les cafés, derrière le bar, les patrons posaient une petite affichette où l'on voyait un clochard avec un baluchon sur l'épaule et il y avait en légende « Il faisait crédit à ses clients ». Au début des années 90, j'avais détourné cette affichette et fait cette affiche que j'avais posée dans les rues...